mardi 9 février 2010

Le monde arabe et les nouveaux médias


LE MONDE ARABE ET LES NOUVEAUX MEDIAS


Média et identité

Avec l'évolution des techniques a eu lieu et aura encore lieu une évolution des modes de communication et, par conséquent, de la connaissance et de la sociabilité. La communication traditionnelle se caractérise par l'oralité dit-on, le geste et, sous bien des formes, l'écriture de signes divers et variés, allant de l'architecture des villages, des peintures et des sculptures, à l'écrit imprimé. La communication moderne est liée, elle, à la maîtrise de nouvelles technologies et matériaux, comme l'électricité ou les ondes radio, qui déterminent de nouveaux modes d'échange, du télégraphe au cyberespace.
L'avènement d'Internet, du mobile et de la télévision satellitaire induisent des bouleversements socio-culturels qui se traduisent par des modification de l'identité des peuples. Avant de nous intéresser à ces bouleversement précisons en quoi consiste cette identité. L'identité culturelle des peuples repose sur la communication des individus, leurs langues, leurs coutumes qui se perpétuent dans l'espace et le temps tout en se modifiant. L'identité culturelle a donc une face conservatrice, qui correspond au caractère invariant de celle-ci. C'est ce qu'exprime justement le terme d'"identité". Mais l'identité, en tant qu'elle se maintient dans le monde, est forcée d'évoluer pour perdurer. Le groupe, comme l'individu, reste certes le même mais change en même temps de physionomie, d'opinions et d'habitudes avec le temps et les rencontres.
Nous nous trouvons face à une réalité complexe où les grandes communautés, le monde arabe, le monde slave, le monde asiatique, le monde occidental etc. mêlent chacun en leur sein les tendances conservatrices et progressistes. La question qui nous intéresse ici plus particulièrement est celle de savoir comment caractériser l'identité du monde arabe telle qu'elle évolue avec les nouveaux médias. L'infrastructure de ceux-ci induisent-ils une occidentalisation de la superstructure du monde arabe ? Le monde arabe, en absorbant ces outils - qui au demeurant sont aussi les siens de par sa contribution déjà ancienne à l'élaboration d'une culture scientifique commune (évoquons seulement symboliquement les noms d'Averroes ou d'Avicenne) - ne parvient-il pas au contraire à mieux redéfinir son identité dans le monde moderne ?


Le monde arabe et sa modernisation

Avouons dès à présent la difficulté qu'il y a à définir clairement des identités collectives complexes et schématiques telles que l'orient, l'occident ou le monde arabe. Pour ce qui concerne le monde arabe, on peut considérer plusieurs critères pour rattacher un État à celui-ci : l'importance de la
langue arabe (critère linguistique), de l'islam (critère religieux, bien que tous les arabes ne soient pas musulmans) ou l'appartenance à la Ligue arabe (critère politique). Géographiquement, le monde arabe se positionne en particulier en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Cependant la société arabe existe également dans de nombreux pays non arabes, tout comme il y a des orientaux en occident, des occidentaux en orient ou en Afrique etc.
On trouve dans la société arabe, comme dans de nombreuses sociétés, des façons de vivre traditionnelles et d'autres plus modernes. Parfois ces deux modes cohabitent. D'une manière générale, la façon de vivre moderne (technologie, bureaucratie, mode, art, commerce, etc.) se généralise, avec ou non abandon des traditions. Les médias de masse jouent un rôle important dans ce processus. Faut-il s'en réjouir ? Tristan Mattelart, dans La mondialisation des médias contre la censure en 2002, rapporte avec prudence les propos optimistes tenus par Daniel Lerner dans The Passing of traditional society, à New-Yorck en 1958 : "(...) les médias de masse (...) permettent de décloisonner des sociétés traditionnelles dont les différentes communautés vivent isolées du reste du pays et du reste du monde. Grâce à eux, les populations du moyen orient, du moins celles ayant des prédispositions à être "modernes", ont accès à la souvent luxuriante "expérience de la vie des autres", sont attirés dans l'orbite du "désir" suscité par le nouveau mode de vie déployé sous leurs yeux, ce qui aiguise et oriente leur envie de changement, leur envie d'accéder à la société moderne". L'accès au spectacle, souvent idéalisé, de la vie moderne contribuerait donc à motiver les sociétés traditionnelles dans le sens d'une modernisation.


Du cadre de la tradition à celui de la consommation

L'envie d'accéder à la vie moderne et de se soustraire parfois au carcan de la vie traditionnelle ne doit pas cacher de nouveaux modes d'aliénation, comme par exemple celui du désir insatiable d'acquisition propre à la société de consommation. Ainsi ce qu'on pourrait appeler une occidentalisation par les médias présente un aspect ambigu. Elle permet une remise en cause critique des contraintes traditionnelles, mais elle induit le passage d'un type de contrainte à un autre, ou pire elle redouble les contraintes traditionnelles de celles de la consommation. "Chaque médium nouveau court-circuite la classe des médiateurs issue du médium précédent" affirme Régis Debray dans son Cours de Médiologie. Mais, dans ce mouvement, on peut basculer de Charybde en Scylla où même s'abîmer entre les deux. Prenons un exemple. On peut affirmer d'un point de vue politique et culturel qu'Al Jazira, avec le parabolique, permet une mondialisation qui n'est pas une occidentalisation. La chaîne naît du rejet de la couverture occidentale de la guerre du Golf. Mais il y a là une identité réactive qui se pose en s'opposant et intègre en elle ce à quoi elle s'oppose. L'orientalisation ne devient-elle pas alors une version simplement stylistiquement différente du modèle occidental caractérisé par le commerce, l'utilitarisme et la spectacularisation de l'information ? Au-delà de l'intérêt immédiat, qui est de court-circuiter la propagande occidentale, on peut supposer qu'il se crée là un doublon, différent mais similaire, de l'univers critiqué.


L'arabe standard et l'anglais

Si l'on doit comparer encore, mais d'un point de vue linguistique, ces deux mondes européen et arabe, on notera avec Michelangelo conoscenti que le monde arabe bénéficie d'un avantage : "(...) la partie arabo islamique de la méditerranée (...) couvre (...) une zone géographique étendue, où l'emploi de la langue arabe et de ses variantes permet de produire des programmes selon des mécanismes d'économie d'échelle que les pays européens de la rive nord ne peuvent pas se permettre" (Les Médias en Méditerranée, Edisud, 2005). L'unité linguistique du monde arabe rend efficace l'extension des nouveaux médias. Là où l'occident doit assimiler l'anglais pour communiquer entre territoires, la monde arabe peut s'appuyer sur sa propre langue. Autrement dit le monde arabe n'a pas à subir l'acculturation interne des occidentaux avec l'hégémonie de la langue anglaise.
La télévision satellitaire promeut toutefois un arabe standard qui permet certes une communauté de sentiment pan arabe mais qui diffère de l'arabe dialectal. Tout comme en occident l'anglais international devient une langue globale, cet arabe standard permet de réunir les parties disparates du monde arabe à travers une langue qui n'est pas exactement vernaculaire. Or la standardisation d'une langue quelle qu'elle soit présente l'inconvénient par certains côtés de normaliser les peuples et de dissoudre les particularismes.
On pourrait répliquer à cela qu'il est courant de voir cohabiter différentes langues dans les sociétés. On peut être bilingue, parler argot, slang et en même temps avoir une langue soutenue, utiliser un jargon professionnel autant qu'une langue littéraire etc. Mais la différence est plus importante entre un français et un allemand qui parlent anglais qu'un arabe qui parle à la fois son dialecte et l'arabe standard comme langue véhiculaire. Cette différence est significative en ceci que parler un arabe, même standardisés, favorise davantage l'appartenance communautaire que lorsqu'un anglais et un allemand parlent anglais.


Pouvoir politique et contre pouvoir

Abordons maintenant la question sous un angle politique. Il existe encore dans le monde arabe des dictatures confirmées qui se caractérisent par le contrôle de l'information. Les nouvelles technologies de l'information fournissent alors les moyens de déjouer le manque de liberté d'expression et le verrouillage de l'information. Dans les pays du Golfe, les magnétoscopes sont devenus, dès les années soixante dix, un moyen d'enrichir une offre télévisuelle officielle limitée. Les nouveaux médias permettent une personnalisation de la demande et une émancipation de l'information officielle. Au magnétoscope a succédé internet. Par exemple, il suffit pour contourner le verrou réticulaire syrien de passer par d'autres fournisseurs d'accès. Peu de compétences suffisent pour défaire ce cadenas étatique. Le web permet alors l'émergence d'un "journalisme" indépendant fondé sur le courrier des lecteurs. L'expression libre des citoyens permet à l'opinion de s'émanciper du contrôle programmé des pensées. Plus généralement, le net, le mobile et la parabole déjouent le contrôle étatique. Ils apparaissent comme des organes de contre pouvoir et de contre culture. Tunis News par exemple est une liste de diffusion d'agences de presse, de formations politiques, de pétitionnaires. Conscients de la force des nouveaux médias, des Etats sont entrés à leur tour en guerre contre une frange de leur usage. La Syrie détient une liste noire d'une centaine de sites et arrête des internautes. Il existe ainsi des conflits entre canaux de transmission officiels et indépendants dans le monde arabe. Ces conflits, dans une certaine mesure, nous sont familiers. Les Etats occidentaux ne sont pas totalement en reste et surveillent également les sites et les usages pour des raisons sécuritaires, idéologiques, morales ou commerciales (fichier Ewige, loi Hadopi, etc.).


Une culture standardisée et superficielle

N'y a-t-il pas également un enjeu non plus directement politique mais que l'on pourrait qualifier de culturel ? La nouvelle communication inquiète dans la mesure où elle s'appuie parfois sur de petites phrases au lieu d'une langue élaborée. Le zapping amène la fluidité du consommable, la fugacité de l'immédiat. La technologie de l'information impose des contraintes et des révolutions formelles quelque soit la culture qu'elle intègre. On s'achemine donc vers une culture commune issue de cette technique. On pourrait même retrouver dans cette technique l'influence d'un style de vie occidental lié à l'idéologie consumériste. Avec cette nouvelle communication l'analyse de fond est remplacée par la donnée brute, éphémère et jetable. La cohérence et la validité laissent place à l'opinion versatile et aux rumeurs. Ainsi si les nouveaux médias permettent au monde arabe de se créer une identité propre, celui-ci risque néanmoins de subir une standardisation et une dévalorisation de sa communication. L'autonomie de la société de l'information arabe reste relative dès lors que la technologie qu'elle utilise contient en germe les caractéristiques délétères de la philosophie de ses promoteurs européens.
Comme le rappelle Manuel Castells, "(...) la technique est la société, et (...) la société ne peut être comprise ou représentée sans ses outils techniques ; ainsi, lorsque dans les années soixante dix s'élabora, singulièrement aux états unis, un nouveau paradigme technique organisé autour des procédés cybernétiques, ce fut un segment particulier de la société américaine, en interaction avec l'économie globale et la géopolitique mondiale qui se constitua en nouvelle manière de produire, communiquer gérer et vivre ? (La Société en réseau, Fayard, 1996). Cela amène à penser que l'évolution technique d'une société n'est pas purement formelle mais se répercute sur l'identité de cette culture. Assimiler la technique des autres, c'est donc davantage que s'approprier une infrastructure. C'est aussi remodeler sa superstructure. L'homogénéisation que l'on constate en occident, l'anecdotique et le manque de pensée parfois liés au nouveaux médias s'étendrait donc au monde arabe à mesure qu'il incorpore ces outils.
L'évolution du médium influence donc le contenu. Elle influence également les comportements, soit passifs (comme le fait de subir la propagande) soit actifs (comme le fait d'utiliser les réseaux sociaux sur le net). Pour ce qui est du contenu, les médias peuvent entraîner une virtualisation et une marchandisation de toute chose, et nous précipiter plus en avant dans la société du spectacle. Pour ce qui est des comportements, on peut redouter la diffusion d'une idéologie cyniquement pragmatique, à la fois individualiste et grégaire, et ne plus voir s'y opposer qu'un illusoire contre pouvoir tournant à vide sur les forums de discussion et produisant par instants des produits contestataires sans aucun impacts réels. On peut croire au statut rédempteur du Web et de sa structure réticulaire susceptible de contrer la structure radioconcentrique des médias classiques. Mais on peut redouter qu'il ne s'agisse que d'un vain bavardage. Le Je pense ou je suis de Valéry est peut être devenu l'essence de la double vie que nous menons, quand la liberté d'expression est devenue telle qu'elle s'étouffe elle-même dans sa propre logorrhée.


Créolisation et bonification de la culture

On peut soutenir en revanche que les nouveaux médias n'entraînent aucun appauvrissement des cultures mais seulement leur mutation. Au scénario de "l'homogénéisation culturelle globale" Ulf Hannerz préfère celui de "Créolisation", concept qu'il utilise pour suggérer que les cultures, comme les langues, peuvent être intrinsèquement le produit de mélanges, et qu'elles ne sont pas historiquement pures et homogènes. Il n'est donc pas suffisant d'opposer les traditions à la culture standardisée de masse pour comprendre les nouveaux médias. Il faut plutôt s'interroger sur les mouvements qui font qu'une culture vie dans et par le mélange ou périt par ce mélange. Il faut donc supposer que certains éléments d'une civilisation gagnent à être repris par une autre, alors que d'autres doivent êtres rejetés. La technologie pourrait servir les différentes cultures à condition que celles-ci opèrent sur elle une certaine catharsis. Imaginons en effet qu'un usage moins commercial et plus éthiques des nouveaux médias puisse être fait par certains peuples, et puisse en inspirer d'autres de manière bénéfique. Plutôt que d'être représentés comme les agents de l'homogénéisation ou de l'occidentalisation du monde, les flux multidirectionnels peuvent donc être appréhendés comme activant des interactions forcées entre cultures, produisant de nouvelles "formes culturelles" synthétiques en constante redéfinition. Dans ce cas il s'agirait non plus d'une régression, mais bien d'un progrès.
La créolisation n'exclut pas cependant l'analyse de processus de domination et de rapports de force existant au niveau national et mondial. Ces interactions culturelles ne sont-elles pas marquées par une profonde asymétrie dans les relations de pouvoir ? Ainsi la problématique introduite par les nouveaux médias consiste à penser cet équilibre de liberté et de contrainte qu'ils introduisent. D'un côté, les nouveaux médias favorisent une hybridation nécessaire à la survie des cultures. Car on peut admettre que toute culture est en mouvement et que ce mouvement peut se faire dans le sens d'une amélioration sous l'impulsion d'influences extérieures. Mais d'un autre côté, ceci n'exclut pas que cette influence puisse induire des rapports de domination. C'est-à-dire qu'un équilibre doit être trouvé par les cultures pour se renforcer sous l'influence extérieure sans pour autant devenir serviles. Autrement dit, il faut supposer que la labilité, la collectivité, l'indépendance offerte par les nouveaux médias puisse cohabiter avec l'approfondissement et la particularisation des différentes cultures.


Un problème économique et idéologique

Mais en supposant que les nouveaux médias induisent un progrès politique ou culturel, il reste qu'ils posent un problème économique sérieux. Le développement des technologies est fonction du niveau économique. Le monde arabe révèle de grandes inégalités. Il a un fossé entre par exemple le Quatar et l'Irak. On ne peut donc pas affirmer que toutes les parties du monde arabe soient égales face au développement des nouveaux médias. On peut craindre que le manque d'accès aux nouveaux médias ne fasse qu'accentuer les inégalités. On peut supposer une corrélation réciproque entre le niveau de vie et l'assimilation des nouvelles pratiques communicationnelles : il faut avoir les moyen de s'équiper et il faut s'équiper pour avoir des moyens. L'enrichissement est aujourd'hui relatif à un mode de vie occidental.
Les nouveaux médias sont aussi des instruments puissants de conditionnement à l'esprit ultra libéral. On retrouve le modèle frustration, aliénation, acceptation du labeur pénible pour se hisser vers la classe exploitante et devenir à son tour un agent de l'exploitation des autres. On pourrait lire la crispation communautaire religieuse face aux nouveaux médias à la fois comme fondamentaliste et anticapitaliste. Cependant on peut voir se conjuguer, comme en Arabie saoudite, capitalisme et fondamentalisme.
"Dans le nouveau mode informationnel de développement, c'est la technologie de la production du savoir, du traitement de l'information et de la communication des symboles qui engendre la productivité" écrit Manuel Castells (La Société en réseau, Fayard, 1996). Il faut donc admettre que le paradigme apporté par l'optimisation de la communication est un paradigme productiviste en termes de produits immatériels et de signes. L'occidentalisation issue des médias est une commercialisation des sociétés. Modernité et enrichissement vont de pair, si bien que celui qui n'est pas en mesure de se modernisé est menacé de s'appauvrir. Pour le coup, les menace sont multiples pour les peuples confrontés aux nouvelles technologies, de se voir exploités, colonisés et standardisés.


La standardisation : un mal nécessaire ?

"La citoyenneté, écrit John Urry, a toujours nécessité des processus de communication et la diffusion de ressources symboliques. Au XIX ème, l'imprimerie, et spécialement l'impression de journaux, a été socialement importante pour le développement de la communauté imaginée des nations européennes et de l'Etat nation. Au XXe, le progrès des notions de citoyenneté nationale a été spécialement redevable à la radio diffusion publique. Paradoxalement, il se peut que des aspects de l'homogénéisation, consumérisme et cosmopolitisme globaux, soient nécessaires afin d'empêcher les divisions sociales du monde contemporain de trop s'approfondir, empêchant la persistance de quelque forme de citoyenneté que ce soit" (Sociologie des mobilités, Colin, 05). La puissance des médias nous paraît en fin de compte exploitable dans les deux sens d'une fermeture (comme pendant la guerre froide) et d'une ouverture. Un film Sénégalais contre l'excision (Ousmane Sembene, Moolaade, 2005) montre la radio comme un élément d'émancipation redouté par l'autorité rétrograde d'un village ; mais nous connaissons par ailleurs quel rôle funeste la radio "mille colline" a pu jouer lors du génocide rwandais. Il est nécessaire qu'en renforçant les liens des communautés, les médias puissent oeuvrer en même temps dans le sens de leur diversité. Si un grand occident et un grand orient naissent de l'action fédératrice des médias, il faut souhaiter qu'une grande humanité suive, sans quoi nous verrions ressurgir une odieuse logique des blocs. Et cette grande humanité sera d'autant plus riche qu'elle contiendra une grande diversité. Or celle-ci n'est possible que si des idéaux différents cohabitent. Un même idéal pour tous représente le totalitarisme, quelques idéaux en concurrence représentent la guerre ; une multitude d'idéaux, la vie.
Raphaël Edelman






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Qui êtes-vous ?

Je suis professeur de philosophie à l'Ecole de design et à Lisaa à Nantes, dirige la revue de philosophie et de technique Tiroir et préside l'association Ouvroir d'Urbain Potentiel. Vous pouvez me contacter ici : raphael.edelman@yahoo.fr